L’Histoire de la traduction juridique

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A l’ère de la mondialisation, la traduction est naturellement centrale dans la majorité des échanges politiques et économiques internationaux. Cependant, la pratique de la traduction remonte en réalité à plus de 2000 ans. En effet, les premières traces que nous avons d’un phénomène de traduction remontent au IIIe siècle avant notre ère, avec la Septante, c’est‑à‑dire la transposition de l’Ancien Testament de l’hébreu au grec.  Et cette pratique s’est développée au fur et à mesure du temps pour s’attacher à différents domaines de la vie humaine. Si la traduction juridique apparaît en même temps que les premiers textes de lois rédigés, c’est véritablement au XXe siècle qu’elle se développera pleinement, suivant l’essor des relations internationales.

Naissance de la traduction juridique

La terre natale de la traduction juridique semble être l’empire romain, car si le droit romain est d’abord oral, il sera mis finalement mis à l’écrit au milieu du Ve siècle à travers la loi des Douze Tables. Ce texte est pour certains historiens tiré d’une traduction en latin d’un décalogue grec plus ancien nommé les lois de Solon. Cependant, la réelle nécessité de la traduction juridique n’apparaitra que plus tard. L’empire étant alors vaste et divisé, la langue utilisée dans l’Empire romain d’Orient était le grec, et les textes de lois étant à l’origine rédigés en latin, de nombreuses et différentes traductions grecques font petit à petit leur apparition. Ceci étant naturellement source de confusion, une traduction officielle délivrée par l’Empire romain verra le jour, à travers le Basilica rédigé au IXe siècle. La France, historiquement très liée à l’Empire romain, conservera le latin comme langue juridique jusqu’au XVIe siècle. Le latin sera ensuite remplacé par le français dans les tribunaux, à la demande de François 1er.

La traduction juridique de nos jours

Evidemment, la traduction juridique requiert des compétences spécifiques et ne peut pas être réalisée par n’importe quel traducteur ne possédant pas une connaissance approfondie des systèmes juridiques avec lesquels il compose. L’histoire du Canada, en tant qu’état bilingue, est intéressante de ce point de vue. En effet, si les textes de lois canadiens sont jusqu’en 1867 rédigés en anglais, leur traduction en français sera ensuite imposée et cette traduction sera réalisée par des traducteurs sans connaissances juridiques. Cela sera encore une fois source de nombreuses confusions et beaucoup de traductions seront rejetées, ce qui poussera le Canada à mettre en place une vraie méthode de traduction de textes légaux : la corédaction (c’est‑à‑dire que lorsqu’une loi est rédigée en anglais elle doit être rédigée en français simultanément) et la traduction interactive poussant les traducteurs à éviter la traduction littérale pour se concentrer sur le fond. 

De nos jours, avec le développement des échanges internationaux, la traduction juridique tient une place prépondérante dans les métiers de la traduction. Les traducteurs spécialisés dans le domaine juridique possèdent une solide formation, dans différents aspects du droit. Certains sont assermentés par une Cour d’Appel ou par la Cour de Cassation et possèdent le statut d’experts de justice. Le cœur de cette discipline est désormais la localisation et donc l’équivalence : il ne s’agit pas de reproduire un texte qui serait strictement identique au texte de départ, mais de retranscrire l’équivalence juridique, c’est‑à‑dire de transposer au texte cible l’effet juridique visé par le texte source, selon le pays concerné. Car, faute d’équivalence parfaite entre deux systèmes légaux différents, le traducteur juridique devra être capable de comparer et retranscrire dans leur ensemble et non mot à mot les notions des systèmes juridiques auxquels il est confronté. Pour en savoir plus sur les particularités de la traduction juridique, consultez notre article.

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